LACKBERG, Camilla/ Le Prédicateur

Actes sud, 2009 (Actes noirs)
trad. du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Un matin de bonne heure, le petit garçon partit avec son épée combattre le dragon dans un endroit tout près de chez lui, appelé La Brèche du Roi, chaos de pierres impressionnant et mystérieux pour un garçonnet de six ans à l’imagination fertile. Il s’apprêtait à passer à l’attaque quand son regard fut attiré par quelque chose de rouge, il s’approcha et aperçut un corps de femme….L’inspecteur Hedström est dépêché sur place. L’affaire se complique lorsque au même endroit on découvre deux squelettes de femmes… disparues vingt-quatre ans plus tôt et remet en lumière la famille Hult. L’auteur mène de main de maître cette intrigue très complexe et distille les indices en manipulant son lecteur avec jubilation.

 

Cyanure

Actes Sud, 2011 (Actes noirs)
trad. du suédois
par Lena Grumbach

Martin Molin est invité par sa petite amie Lisette quelques jours avant Noël sur une île isolée au large de Fjällbacka. Les choses se gâtent assez rapidement, car au cours du premier repas le patriarche qui annonce qu’il déshérite ses enfants, meure soudainement. Martin, ne tarde pas à s’apercevoir qu’il a été empoisonné. Polar de facture classique – on peut penser à Agatha Christie – tous les ingrédients sont là : un deuxième meurtre est commis, secrets de famille, avidité des uns, cupidité des autres, tempête de neige… Un bon moment de lecture.

LARSSON, Stieg/ Millénium 1 Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Actes sud (Noir)
trad. du suédois
par Lena Grumbach, Marc de Gouvenain

Ancien rédacteur de Millenium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient  de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Succès planétaire, les trois volumes ont été enregistrés sur CD audio, et lu par Emmanuel De Conninck qui par sa remarquable lecture rend l’histoire passionnante. Une adaptation cinématographique a également été réalisée.

 

À lire la suite : Millenium 2 - La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette ; Millenium 3 - La Reine dans le palais des courants d’air.

MANKELL, Henning/ Avant le gel

Seuil, 2005 trad. du suédois par Anna Gibson

Fin août 2001, dans la forêt aux abords d’Ystad, la police fait une atroce découverte : une tête de femme coupée, deux mains jointes comme pour la prière reposent près d’une bible aux pages griffonnées d’annotations. Ce crime intervient après une série d’incidents macabres, notamment l’immolation d’animaux par le feu. Le commissaire Wallander est inquiet. Ces actes révoltants seraient-ils le prélude à d’autres sacrifices, humains cette fois, et de plus vaste envergure ? Linda Wallander arrive à Ystad, impatiente d’endosser l’uniforme de la police. Contre l’avis de son père, dont elle partage déjà l’anticonformisme et l’irascibilité, elle se lance dans une enquête parallèle, qui l’entraîne vers une secte religieuse fanatique, résolue à punir le monde de ses péchés. Linda va bientôt le regretter…

MAY, Peter/ La Trilogie écossaise T.1 L’île des chasseurs d’oiseaux

Babel noir, 2009
trad. de l’anglais par Jean-René Dastugue

Chargé de l'enquête sur un assassinat commis à Édimbourg, Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis, en Écosse, quand un second cadavre apparemment exécuté selon le même modus operandi y est découvert. Persuadé que les deux affaires ne sont pas liées, Fin doit composer avec un décor et des gens qu'il a quittés dix-huit ans auparavant... Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May compose un roman palpitant parsemé de fausses pistes, de scènes glaçantes et de personnages aussi frustes que menaçants.

Finalement, on m’a prêté le T.1. Mais, sachez lecteur, qu’il vaut mieux lire cette histoire dans la chronologie, car je savais des choses que je n’aurais pas dû savoir, ce qui est un peu dommage pour l’intrigue ! Tout aussi passionnant.

 

La Trilogie écossaise T.2 L’Homme de Lewis

Babel noir, 2013 Trad. de l’anglais par Jean-René Dastugue

En rupture avec son passé, Fin Macleod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a détruit son mariage, et il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l’océan qui s’abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres… Il pense pouvoir retrouver dans ces lieux de l’enfance un sens à sa vie.          À peine Fin est-il arrivé qu’on découvre le cadavre d’un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses ADN relient le corps à Tormod Macdonald, le père de l’amour de jeunesse de Fin, faisant du vieil homme le suspect n° 1. Mais celui-ci ne peut se défendre, perdu qu’il est dans les brumes de sa maladie d’Alzheimer, Fin va donc l’aider. Au rythme des fulgurances qui traversent l’esprit sénile de Tormod, le passé ressurgit, douloureux, dramatique, dévoilant le sort que la société écossaise a réservé pendant des décennies aux enfants orphelins ou abandonnés que l’Église catholique envoyait sur les îles Hébrides.

Roman très prenant du début à la fin. L’intérêt que l’on prend à cette histoire tient beaucoup à sa construction. En effet, nous sommes dans le présent et la vie réelle avec Fin Macleod – ex-flic - qui cherche à savoir la véritable identité du père de Marsaili – avant l’arrivée des flics chargés de l’affaire - et dans les méandres d’une mémoire trouée qui plonge de temps à autre Tormod Macdonald dans une sénilité touchante. La psychologie des personnages est bien campée et aucun d’eux ne nous laisse indifférent ! Et puis….les paysages rudes d’Ecosse sont très bien décrits, on les voit ! Et puis, et puis…, il y a aussi le terrible sort de ces enfants orphelins catholiques que l’on « déplace ». Leur prénom gaélique est anglicisé et ils prennent le nom de la famille qui les accueille, de ce fait ils perdent leur identité d’origine. Ces enfants servent d’esclaves à des familles en manque de main-d’œuvre et de toute chaleur humaine… On m’a prêté ce livre qui est le T.2 de la trilogie, du coup vais-je lire d’abord le T.1 ou le T.3 ? Je pencherai plutôt pour le tome 3 pour être en continuité avec l’histoire.

La Trilogie écossaise T.3 Le Braconnier du lac perdu

Babel noir, 2014
trad. de l’anglais par Jean-René Dastugue

Depuis qu’il a quitté la police, Fin Macleod vit sur son île natale des Hébrides, à l’ouest de l’Ecosse. Engagé pour pourchasser les braconniers qui pillent les eaux sauvages des domaines de pêche, il se retrouve confronté à Whistler, son ami de jeunesse qui vit désormais comme un vagabond, privé de la garde de sa fille unique. Alors qu’ils viennent de traverser ensemble une nuit d’orage, ils découvrent l’épave d’un avion abritée depuis dix-sept ans par un lac. L’appareil, qu’on avait cru abîmé en mer, recèle le corps d’un homme assassiné.

Dans ce dernier opus, Peter May ne ménage pas nos nerfs. Avec de savants retours en arrière, Fin, sera confronté aux trois femmes de sa vie : Mona, l’épouse quittée après la mort de leur enfant unique, Mairead qui a envoûté ses premières années d’homme et enfin Marsaili qui a hanté toute sa vie. Ce cadavre retrouvé va ramener Fin bien des années en arrière et réveiller des démons enfouis. Les personnages principaux sont toujours aussi attachants et on est plein d’empathie pour eux. Excellente trilogie qui se tient de bout en bout. Coups de théâtre, revirements et retours en arrière nous tiennent en haleine tout du long de cette histoire, nous faisant découvrir la vie des autochtones au fin fond des îles Hébrides battues par les vents.

L’île du serment

Babel noir, 2016
trad. de l’anglais par Jean-René Dastugue

Sur l’île d’Entrée, dans l’archipel de la Madeleine à l’est du Canada, peuplée par une poignée de familles d’origine écossaise pour la plupart, aucun meurtre n’a jamais été commis. Jusqu’à cette nuit de tempête où James Cowell est poignardé. Tous soupçonnent sa femme Kirsty, sauf l’enquêteur Sime Mackenzie, qui a l’étrange sentiment de la connaître depuis toujours. S’isolant du reste de son équipe, où œuvre son ex-femme, et rompu par l’insomnie, Sime sombre dans un état second où la réalité se mêle à des rêves étranges, faisant ressurgir l’histoire de son aïeul, expulsé de l’île de Lewis dans les années 1850, au moment de la Famine de la pomme de terre…

Peter May est passé maître dans l’art de la narration à deux niveaux de lecture. L’enquête va forcément ramener l’enquêteur Sime Mackenzie dans le passé et encore plus étrange dans son propre passé familial. Pourquoi Sime en voyant pour la première fois Kirsty Cowell a-t-il l’impression de la connaître ? Par quel mystère cela serait-il possible ? Le trouble ne le quittera pas, d’autant plus que dans un premier temps, il la croit coupable, mais finalement, assez rapidement il va tout faire pour chercher la vérité et l’innocenter…Cet exercice très difficile, Peter May le réussit brillamment et le volet historique dans lequel il nous plonge est toujours passionnant.

MCNAMEE, Eoin/ Le Tango bleu

Gallimard, 2003 (La noire)
trad. de l’anglais (Irlande) par
Patrice Carrer

Novembre 1952, Belfast. Patricia Curran, fille de juge est assassinée. Elle avait dix-neuf ans et n’avait pas la vie digne d’une fille de juge, Lancelot Curran. Celui-ci est membre des Unionistes et Orangistes et une carrière politique s’ouvre à lui. La mère, Doris, femme aux nerfs fragiles, existe dans l’art de brimer sa fille. Desmond, le frère, avocat comme son père, est un des bigots protestants prônant la lecture de Le réarmement moral. Cette société qui interdit aux femmes d’assister aux enterrements, sauf le leur, bien sûr ! Une écriture sobre pour un roman noir, très noir.

NICODEME, Béatrice/ Terreur blanche

Denoël, 1990
(Sueurs froides)

Depuis son mariage avec Régis Clavières, violoniste réputé, Cécile est revenue dans la demeure familiale « La Folie », demeure perdue dans la nature. Outre son mari, vivent dans la maison son père, vieil homme souffrant et sa demi-sœur Sophie, clouée dans un fauteuil roulant. Depuis quelque temps, Cécile se sent oppressée, sujette à des malaises. Si l’amour a déserté de cœur de Cécile envers son mari, reste la fascination et la peur que lui engendre celui-ci. Que se passe-t-il donc à « La Folie » ? La tension monte inexorablement : Cécile finit par douter de sa santé mentale et pense que les agressions dont elle est victime n’existe que dans sa tête. Victime ou délire de persécution ? Roman policier qui décrit finement les fragilités psychologiques des personnages. L’auteur nous emmène dans les méandres de la mémoire jusqu’au coup de théâtre final.

La Tentation du silence

Le Masque, 2000

 Irène et sa mère ont quitté la ville de Nantes il y a des décennies pour fuir une vie oppressante et sans ampleur. Si Irène revient à Nantes, c’est uniquement pour Alain, son ami d’enfance qui s’accuse d’un crime où les indices l’accablent. Irène reprend le dossier et veut prouver l’innocence d’Alain qui se réfugie dans le silence. Roman de la mémoire entre passé et présent où la psychologie des personnages est fouillée comme dans beaucoup d’autres romans de Béatrice Nicodème. C’est une enquête douloureuse que mène Irène dans le passé de cette famille et par ricochet de la sienne.

Mauvaise rencontre

Librairie des Champs Elysées, 2001
(Le Masque)

 Après une dispute avec son fiancé, Anna prend ses clefs de voiture et s’en va. Il va bientôt faire nuit mais qu’importe, sa liberté n’a pas de prix….Malheureusement, alors que le jour s’amenuise, elle tombe en panne… Elle se met à frissonner et une inquiétude sourde l’envahie. Soudainement les bois deviennent menaçants… elle croit voir des ombres qui chuchotent. Elle fuit, se cache des phares d’une voiture qui passe et qui pourrait l’aider… Elle qui ne rêvait que de plénitude dans la peinture… Cette mésaventure est vite oubliée de retour chez elle… mais de mystérieux appels perturbent sa vie et c’est avec crainte qu’elle entend désormais la sonnerie de son téléphone. Roman policier de facture classique mais très efficace dont le sentiment d’oppression vous tient en haleine jusqu’au mot FIN.

La mort au doux visage

J’ai lu, 2002

Laure Favier, pharmacienne, est renversée un soir par une voiture. Quand elle se réveille à l’hôpital, une mauvaise surprise l’attend : elle a perdu la mémoire et n’a aucun souvenir de la journée précédant l’accident. De plus, débarquent dans sa chambre, deux flics qui l’interrogent sur la disparition du fils de son employée de maison… Le sort s’acharne sur Laure : quand elle quitte l’hôpital et rentre chez elle, sa sœur gît au bas de l’escalier, morte… Tout s’enchaîne et elle fait une coupable idéale. Un flic s’intéresse particulièrement à elle, Rémi Bechtel. Laure doit à tout prix prouver son innocence et se réfugie derrière son amnésie pour omettre des pans de sa vie. La disparation de l’enfant et la mort de sa soeur sont-elles liées ? Enquête très difficile que mène Rémi Bechtel, d’autant qu’il est attiré et troublé par Laure Favier sans s’expliquer pourquoi. Roman policier psychologique par excellence, la Mort au doux visage nous entraîne dans les arcanes de la mémoire enfouie et des culpabilités et secrets de chacun. C’est un roman très bien construit qui nous emmène sur plusieurs pistes possibles de « la vérité » et dont le suspense rebondit et nous tient en haleine jusqu’au mot fin qui n’est pas celle que l’on attendait, car Béatrice Nicodème fait fi du happy end.

Le Venin du pouvoir

Ed. du Masque, 2005

Diane Leconte, ministre, est belle et riche, ce qui ne peut faire que des envieux. Ses rapports conflictuels avec son fils Antoine, qui semble la détester ne lui rend pas la vie sereine d’autant plus qu’elle est atteinte de polyarthrite très douloureuse. Comment est mort réellement, en août 1996, Jean-Philippe Duguet, père tant admiré par son fils Antoine ? La réponse se trouve-t-elle dans les carnets intimes de la ministre qui a chargé Irène Chevalier, secrétaire indépendante, de retranscrire ? L’affaire se complique quand le carnet de l’année 1996 disparaît et que la ministre est victime d’inquiétantes menaces téléphoniques ainsi que des courriers compromettants. Thriller politique autant que drame psychologique mené tambour battant par l’auteur où le passé et le présent s’entremêlent savamment.

Mensonges

Timée éditions, 2008

Huis clos étouffant que ce thriller mené tambour battant par l’auteur. Elle ne nous laisse guère de répit. Réduit à la merci d’un inconnu, le célèbre chirurgien, Jacques Valette à une nuit, une seule, pour décider si ses secrets valent plus que sa vie.