ADAM, Olivier/ Des vents contraires

Ed. de l’Olivier, 2009

L’œuvre d’Olivier Adam a pour principaux thèmes l’absence. Dans ce roman, Paul Anderen se retrouve désemparé lorsque qu’un jour sa femme disparaît et ne donne plus de nouvelles. Les mois passent et chaque jour est a réinventé pour ses deux jeunes enfants et pour lui-même. Il emménage à Saint-Malo, ville de son enfance, où pense-t-il la vie sera peut-être de nouveau possible, car dans la maison où ils vivaient tous les quatre, la maison du souvenir devenait intolérable et les enfants se délitaient sous ses yeux. Empreint de fraternité et d’empathie pour les personnes qu’il rencontre, le personnage de Paul Anderen est attachant.

Olivier Adam nous embarque dans cette histoire avec pour décor la ville de Saint-Malo, la mer, le ciel, le vent… le deuil, la famille.

Le cœur régulier

Editions de l’Olivier, 2010

Depuis la mort de son frère bien aimé, Sarah décroche de sa vie et perd tous ses repères qu’elle croyait immuables : son gentil mari, ses enfants adolescents, son travail… Elle part au bout du monde, au Japon, où semble-t-il Nathan était heureux et avait trouvé un certain équilibre. Elle croyait être sur les pas de son frère et c’est elle-même qu’elle rencontre en déroulant l’écheveau de sa propre histoire. Il y a de l’impressionnisme dans l’écriture d’Olivier Adam. Il restitue à merveille les sentiments qui agitent Sarah tant au point de vue de l’intime que de l’environnement géographique. La construction du roman – un chapitre dans le présent, un chapitre ‘’au temps d’avant’’ distille les éléments pour comprendre les mécanismes psychologiques des personnages. De sa très belle écriture – très peu de dialogues - l’auteur continue d’explorer de livres en livre le thème de la disparition, du deuil.

Les Lisières

Flammarion, 2012

  Ce dixième roman d’Olivier Adam est dense, très dense. Roman à la fois intimiste et sociétal, il nous parle toujours de sujets récurrents dans ses œuvres : l’absence, la disparition, les lieux (la banlieue, la Bretagne et la mer, le Japon), la société française mâtinée de politique et bien sûr de culture. Le roman débute sur la rupture conjugale du narrateur. Paul Steiner quitté par sa femme – dont il est toujours amoureux - et jeté hors de sa maison voici six mois, ne voyant ses enfants tous les quinze jours et dont il avoue être en manque, n’arrive pas à s’habituer à cette situation. « J’avais le sentiment d’être expulsé de moi-même ». Paul reconnaît qu’il est à la lisière de lui-même et des autres, des lieux, un net penchant pour la bouteille de surcroît et ayant peur que la Maladie ne le reprenne. Il avait fui la banlieue de son enfance, mais elle se rappelle à lui car son frère (vétérinaire de droite) lui somme de venir s’occuper de son père car leur mère est à l’hôpital et perd un peu la tête. Paul va devoir de nouveau cohabiter avec son père dans le pavillon de son enfance. Ce père, distant, rude, dont il se sent étranger. Il retrouve également ses copains d’enfance qu’il n’a pas revus depuis vingt-cinq ans et prend de plein fouet leur vie (survie) de banlieusard – car, eux, sont restés dans la cité - Dans la maison de son enfance, Paul va découvrir une photo - parmi d’autres, dans une boîte en carton - qu’il ne connaissait pas. Cette découverte reflète-t-elle son empêchement d’être à soi et aux autres ?

Peine perdue

Flammarion, 2014

En morte-saison sur la Côte d’Azur, la vie continue, plus mouvante que jamais. Les habitants sont successivement bouleversés par la violente agression d’Antoine, gloire locale du football amateur, laissé pour mort, et par une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une importante série de noyades. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités, petits mafieux, vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, sont confrontés à la folie des éléments et emportés par les drames qui agitent la côte. Olivier Adam nous met en présence de ceux dont il n’est jamais question, ces gens à la vie banale, nous-mêmes.

La Renverse

Flammarion, 2016

Antoine à 25 ans. Une partie de sa vie qu’il voulait occulter à tout jamais, refait brusquement surface par le biais d’une nouvelle télévisée : l’annonce de la mort de Jean-François Laborde, homme politique, accusé de viols et d’abus sexuels au sein de la mairie dont il a été le sénateur-maire, ministre au sein du gouvernement ainsi que sa propre mère, Cécile Brunet, maîtresse de Laborde, mêlée à cette affaire qui fit scandale dans la petite ville de M. Olivier Adam nous raconte cette histoire qui oscille entre passé et présent et dont Antoine est le narrateur. Quand l’affaire éclate Antoine à 17 ans, adolescent en rupture face à des parents qu’il ne comprend pas. Dans ce livre, on ne peut pas ne pas penser à des « affaires » célèbres. Olivier Adam dénonce l’abus de pouvoir ainsi que l’impunité, la machine médiatique qui broie tout sur son passage en faisant fi des ravages qu’elle peut faire au sein d’une famille. Antoine choisit la fuite et rompt définitivement avec ses parents, mais à l’annonce de cette nouvelle, dix années sont passées et les questionnements face à ses choix s’imposent. Ce livre tranche sur les sujets dont il traite d’habitude : le deuil, l’absence. Pour moi, ce n’est pas le meilleur livre de l’auteur, je n’ai pas réussi à être totalement en empathie avec les personnages. Est-ce dû à la précision quasi clinique de la narration qui montre les agissements d’une certaine classe sociale et politique que rien ne peut atteindre ?.

ARRIAGA, Guillermo/ Mexico quartier sud : nouvelles

Phébus, 2009
trad. de l’Espagnol (Mexique) par
Elena Zayas

Recueil de nouvelles qui a pour théâtre l’avenue Retorno, quartier sud de Mexico. Toutes ces nouvelles sont souvent violentes, horrifiantes et bouleversantes. Le lecteur n’en sort pas indemne. Arriaga dit puiser l’inspiration dans la rue… et c’est bien la douleur, la rage de vivre, la vie et la mort étroitement liées que dépeint l’auteur d’une écriture sans artifice. Certaines histoires resteront dans un coin de notre mémoire et rejailliront sans que l’on s’y attende…