INDRIDASON, Arnaldur/ La Cité des Jarres

Métailié, 2005
Trad. de l’islandais
par Eric Boury

 Erlendur, flic tourmenté et affublé d’une fille à problèmes, traquera sans relâche l’assassin d’un vieil homme qui s’avère être un violeur. Pas de temps morts dans cette histoire dont l’écheveau se déroule inéluctablement allant d’énigmes en découvertes jusqu’au dénouement dramatique final.

Roman policier, certes, puisqu’il y a meurtre et enquête (en quête ?), mais c’est aussi une littérature noire au pays de la blancheur, une littérature au scalpel qui dissèque avec une économie de moyens les âmes et les corps jusqu’au tréfonds. Ce roman (très bonne traduction) ne peut laisser indifférent tant il nous renvoie à nos racines et notre identité.

Prix : "Clé de verre", 2002 du roman noir scandinave                            "Coeur noir", 2006 de la ville de St-Quentin-en-Yvelines                  "Mystère de la critique", 2006

 

       

La Femme en vert

Métailié, 2006
trad. de l’islandais
par Eric Boury

Sans être une suite du premier livre traduit « La cité de jarres », nous retrouvons Erlendur, flic tourmenté toujours aux prises avec les gros problèmes de sa fille. Ce deuxième opus ne nous déçoit pas, bien au contraire : pendant des travaux de construction un squelette apparaît. Erlendur est dépêché sur les lieux avec ses fidèles acolytes Sigurdur Oli et Elinborg. Commence alors une remontée dans le temps : quelle est l’identité de celui ou celle qui repose ici depuis au moins soixante longues années ? Trois histoires parallèles : l’enquête proprement dite, les rapports d’Erlendur et de sa fille et l’histoire d’une femme battue et humiliée par son mari qui tente en vain d’y échapper. Mais ces histoires se rejoignent pour nous montrer la difficulté de la vie et des rapports humains. Ne vous laissez pas intimider par la (dure) prononciation des mots islandais, c’est une question de pratique !

Prix : "Clé de verre", 2003 du roman noir scandinave                            "CWA Gold Dagger", 2005 (UK)                                              "Fiction 2006" du livre insuslaire de Ouessant                            "Lectrices de Elle policier", 2007 

La voix

Métailié (Noir), 2007
trad. de l’islandais
par Eric Boury

 

Revoici le commissaire Erlendur et ses acolytes. Cette fois, il s’agit d’éclaircir le mystère du meurtre du portier d’un hôtel de Reykjavik faisant le père Noël. C’est dans cette tenue qu’il a été retrouvé assassiné dans la petite chambre qu’il louait depuis vingt-ans dans les sous-sols de l’hôtel. Comme je le disais plus haut, ce ne sont pas des suites puisque chaque histoire à une enquête nouvelle mais on progresse dans l’histoire personnelle du commissaire Erlendur.

Prix : "Trophée 813", 2007                                                          "Grand prix littérature policière", 2007                                    

L’homme du lac

Métailié, 2008 (Noir)
trad. de l’islandais
par Eric Boury

Juin 2000. À la suite d’un tremblement de terre le niveau des eaux du lac Kleifarvatn a baissé. Quel est ce squelette qui repose au fond du lac, lesté par un émetteur radio ayant des inscriptions en caractères cyrilliques ? Une nouvelle enquête pour le commissaire Erlendur et son équipe qui va s’intéresser aux disparitions non résolues dans les années 60. C’est au sein de la guerre froide que l’énigme prend sa source. De jeunes boursiers socialistes partent étudiés en Allemagne de l’Est et reviennent au pays, atterrés par ce qu’ils ont vu et découvert de ce régime qui croyait faire le bonheur du peuple. Erlendur en policier tenace remonte la piste toute en méandres et nous dévoile une magnifique histoire d’amour brisée par le régime communiste.

Hiver arctique

Métailié (Noir), 2009 – trad. de l’islandais
par Eric Boury

Voici le 5ème opus des aventures du Commissaire Erlendur traduit en français. Il s’agit cette fois de résoudre le meurtre d’un petit garçon de douze ans issu d’un couple islandais/thaïlandais séparé. La mère du jeune garçon avait déjà un fils qu’elle a rapatrié en Islande, mais celui-ci a beaucoup de mal à s’intégrer dans un pays aussi froid. Erlendur et son équipe ne possèdent aucun indice. S’agit-il d’un meurtre raciste ? Avec son talent d’écriture et l’art du suspense où se croisent des destinées, Indridason nous plonge dans la société islandaise dans ce qu’elle a de plus noir. 

Hypothermie

Métailié (Noir), 2010
trad. de l'islandais
par Eric Boury

 

Une femme prénommée Maria est retrouvée pendue dans son chalet sur les bords du lac de Thingvellir. La police conclut à un suicide. Une amie de Maria contacte le commissaire Erlendur et lui affirme que Maria n’était pas « le genre » à mettre fin à ses jours, elle lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium qui relate la tentative d’entrer en contact dans l’au-delà avec sa mère décédée. Celle-ci lui avait promis de lui faire un signe… Troublé par l’audition de la cassette, Erlendur décide de reprendre l’enquête sans en informer quiconque. Plus que jamais dans ce livre, le commissaire Erlendur est en proie à ses démons : obsessions des disparitions, impossibilité de faire le deuil et culpabilité quant à la disparition de son frère, ses problèmes avec ses propres enfants… Erlendur est émouvant dans son empathie pour autrui, dans ses obstinations de la recherche de la vérité. Ce sixième roman s’attache à poursuivre la découverte du personnage d’Erlendur en profondeur et nous le rend terriblement humain et attachant.

 

Etranges rivages

Métailié, 2013 (Noir) - trad. de l’islandais
par Eric Boury

 Voici venir le 9ème opus des enquêtes du commissaire Erlendur et pas des moindres. En vacances sur les terres de son enfance dans les fjords de l’est, le commissaire est hanté par le passé, le sien et celui d’affaires non élucidées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, une troupe de soldats anglais disparaît dans les brumes, certains seront saufs, d’autres pas. La même nuit au même endroit, disparaît à jamais une jeune femme. Cette disparition excite la curiosité d’Erlendur qui va tout faire pour élucider ce mystère. Il va fouiller dans le passé pour trouver ce qui est arrivé et finalement son propre passé refait de nouveau surface et croise son enquête. Roman très abouti, Erlendur lors de sa quête de vérité fait un bond prodigieux dans sa propre histoire. Pour nous, lecteurs, un point d’interrogation devient évident mais que je ne dévoilerais pas.

 

Opération Napoléon

Métailié, 2015
trad. de l’anglais par David Fauquemberg

1945. Un bombardier allemand, pris dans le blizzard en survolant l’Islande, s’écrase sur le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe. Parmi les survivants, étrangement, des officiers allemands et américains. L’Allemand le plus gradé affirme que leur meilleure chance de survie est de marcher vers la ferme la plus proche. Une mallette menottée au poignet, il disparaît dans l’immensité blanche. Dans les années qui suivent les Américains lancent en vain des expéditions pour faire disparaître cette opération militaire mystérieuse et encombrante.

 1999. Le glacier fond et les satellites repèrent une carcasse d’avion, les forces spéciales de l’armée américaine envahissent immédiatement le Vatnajökull et tentent en secret de dégager l’avion. Deux jeunes randonneurs surprennent ces manœuvres et sont rapidement réduits au silence. Avant d’être capturé l’un d’eux contacte sa sœur Kristin, une jeune avocate sans histoires. Celle-ci se lance sur les traces de son frère dans une course poursuite au cœur d’une nature glaçante. Les événements se précipitent. Les hypothèses historiques déconcertantes, parfois dérangeantes, et la séduction inoubliable qu’exerce cette héroïne à la fois tenace et perspicace, font de ce texte un formidable roman à suspense.

 Avec ce nouveau roman, Arnaldur Indridason rompt définitivement les amarres avec son héros récurrent le commissaire Erlendur. Ce roman savamment construit est une réussite. L’histoire est découpée par chapitres : temporels, lieux. Les personnages se débattent dans cette affaire obscure de l’Opération Napoléon qui nous tient en haleine tout au long du roman.

Le suspense crée par Indridason est parfaitement convaincant et l’on dévore les chapitres les uns après les autres – parfois il faut bien le dire, horrifiés par ce qu’il se passe ! – Le personnage de Kristin – jeune femme au tempérament affirmé – souligne le côté dramatique de cette histoire. Bref, plongez dans ce roman, vous ne serez pas déçus !

JAMES, Peter/ Comme une tombe

Pocket, 2007 (Thriller)
trad. de l’anglais par Raphaëlle Dedourge

Michael croit à une mauvaise farce quand il se réveille et se rend compte qu’il est dans…un cercueil. Il se rappelle très vite sa soirée d’enterrement de vie de garçon bien arrosée avec sa bande de copains de toujours. À l’air libre sa fiancée s’inquiète (le mariage doit être célébré dans trois jours) et signale sa disparition à l’inspecteur Roy Grace. Celui-ci n’a qu’une seule piste : les témoins. Malheureusement, ils ont été victimes d’un accident de la route et aucun d’eux n’a survécu ! Le compte-à-rebours commence pour Roy Grace et ses hommes, car de la rapidité de l’enquête dépend la survie de Michael. Aucun temps mort dans ce roman noir très efficace mais éprouvant pour nos nerfs. Amis insomniaques ce livre est pour vous, il se lit d'une traite !

JAMES, Russell/ Mauvais coups

L’Atalante, 2001
trad. de l’anglais par Jean-François Le Ruyet

 Londres. Ancien boxeur professionnel, Jet fait le manutentionnaire pour élever seul sa fille de huit ans, Stella. Scott, son frère, est convoyeur de fonds. Il se lie avec un gang avant de disparaître avec deux millions de livres sterling destinées à l’incinération. Dans ce récit riche de personnages hauts en couleur, l'auteur entraîne son lecteur des quartiers populaires de la banlieue de Londres jusqu’au monde des champs de foire, pour le mener vers un final que n’aurait pas désavoué Alfred Hitchcock. Russell James, d’après Ian Rankin, est le « parrain du roman noir britannique ».