NATHAN, Robert/ Le portrait de Jennie

Ed. Joëlle Losfeld, 2000
trad. de l’anglais
par Germaine Delamain 1ère éd. 1940

 Robert Nathan, peintre et écrivain américain (1894-1985)

Un jeune peintre tombe amoureux d’une petite fille déjà morte. Celle-ci décide de grandir le plus vite possible afin de pouvoir répondre à son amour. Ainsi à chaque rencontre elle se métamorphose pour arriver au plus vite à la jeune fille qu’il pourra aimer. Une histoire d’amour fou que les surréalistes encensèrent et qui fit l’objet d’une version cinématographique (1948) de William Diéterlé avec Jennifer Jones dans le rôle de Jennie et dans le rôle du peintre, Joseph Cotten.

NAYLOR, Gloria/ Les Femmes de Brewster Place

Ed. 10/18, 2016 Trad.de l’anglais (États-Unis) par Claude Bourguignon 1ère éd. en France en 1987

Il y a Mattie, la matriarche, Etta Mae, invincible au volant de sa Cadillac, Kiswana la révoltée, baby Cora Lee, Ciel, et les deux filles du n° 312. Toutes échouées à Brewster Place, ghetto noir du Nord des États-Unis, au cœur des 70’s. Sept femmes qui résistent – à la misère, à la violence, à l’intolérance. Sept destins, unis par un espoir farouche. Roman culte de la littérature afro-américaine, saluant Toni Morrison et Alice Walker, ce portrait choral vibrant d’émotions brutes est une ode aux héroïnes de la marge. Magnifique. Un roman plein de fougue, de colère et d'amour, récompensé par le prestigieux National Book Award 1983.

Les histoires de ces femmes, fortes et fragiles à la fois, échouées dans un quartier pauvre au Nord des États-Unis, nous sont racontées par chapitres portant le nom de chaque femme. La vie les a malmenés et les malmène encore mais ces femmes ont décidé de lutter pour reconquérir leur dignité. En lisant ce roman j’ai pensé « A la couleur des sentiments » de Kathryn Stockett,  « Les Suprêmes » de Edward Kesley Moore que vous trouverez répertoriés dans ce site. De ces trois romans cités ma préférence va à « La couleur des sentiments » il traite de la ségrégation raciale, sujet brûlant et cruel 

NEMIROVSKY, Irène / Suite française

Grasset, 2004

Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'Exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard... Peu à peu, l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et frustrations des habitants se réveillent...

Véritable photographie de la France et des Français pendant l’Exode et l’Occupation, Suite française est un roman multiple : Irène Némirovsky dépeint les Français avec une acuité redoutable et rares sont les héros dans ce roman. Cet extrait ci-contre à des résonances actuelles […] « Ces gens autour de lui croyaient que le sort s'acharnait particulièrement sur eux, sur leur misérable génération ; mais lui, il se souvenait que les exodes avaient eu lieu de tout temps. » Elle est aussi visionnaire quant à l’histoire qui s’écrira plus tard, elle n’hésite pas à écrire « Ceux qui l'entouraient, sa famille, ses amis, éveillaient en lui un sentiment de honte et de fureur. Il les avait vus sur la route ceux-là et leurs pareils, il se rappelait les voitures pleines d'officiers qui fuyaient avec leurs belles malles jaunes et leurs femmes peintes, les fonctionnaires qui abandonnaient leurs postes, les politiciens qui dans la panique semaient sur la route des pièces secrètes, les dossiers, les jeunes filles qui après avoir pleuré comme il convenait le jour de l'Armistice se consolaient à présent avec les Allemands. Et dire que personne ne le saura, qu'il y aura autour de ça une telle conspiration de mensonges que l'on en fera encore une page glorieuse de l'Histoire de France. On se battra sur les flancs pour trouver des actes de dévouement, d'héroïsme. Bon Dieu ! Ce que j'ai vu, moi ! Les portes closes où l'on frappait en vain pour obtenir un verre d'eau, et ces réfugiés qui pillaient les maisons ; partout, de haut en bas, le désordre, la lâcheté, la vanité, l'ignorance ! Ah ! Nous sommes beaux ! »

En fin d’ouvrage : I- Notes manuscrites d’Irène Némirovsky sur l’état de la France et son projet Suite française, relevées dans son cahier. II- Correspondance 1936-1945.

Irène Némirovsky est arrêtée par les gendarmes français, puis assassinée à Auschiwtz, l’été 1942.

NICHOLSON, Geoff/ Comment j’ai raté mes vacances

Laffont, 2007 (Pavillon poche)
trad. de l’anglais
par Bernard Turle.

Vous êtes en vacances, vous voulez une lecture qui vous éloigne de votre quotidien ? Alors plongez dans ce livre vous ne serez pas déçus ! Histoire loufoque pour personnages loufoques, déjantés, narrée avec brio. Les scènes burlesques ou dramatiques sont savamment dosées.

« Kathleen et moi raffolons des souvenirs de vacances. Les cendriers, les porte-lettres, ce genre de souvenirs […] Mais elle m’a étonné aujourd’hui en suggérant que, cette année, pour changer, nous pourrions nous faire faire des tatouages intimes. »

 

NICODEME, Béatrice/ Assassin !

Mango jeunesse, 2010 (Chambres noires)

  À partir de 13 ans 

Pour Damien, 16 ans, l’année scolaire commence très mal. L’arrivée d’Alexandre ravive le souvenir de vacances dramatiques, sept ans auparavant.

Au même moment, une série de messages anonymes l’accuse d’être un assassin, puis on lui réclame une forte somme d’argent. Enfin, il découvre un cadavre et est soupçonné du meurtre. En fuite, obligé de se cacher, comment parviendra-t-il à faire éclater la vérité ?

Ce polar est bien construit. En même temps que l’intrigue, on suit le héros Damien qui s’emberlificote dans ses mensonges où plusieurs personnages font leur apparition pour mieux brouiller les pistes jusqu’à la vérité finale. C’est aussi une réflexion sur le sens de l’amitié, et les relations parents/enfants. Roman très actuel, les jeunes se retrouveront facilement dans la psychologie du personnage de Damien qui est en devenir.

NOTHOMB, Amélie/ L’Hygiène de l’assassin

Albin Michel, 1992

 Melle Nothomb produit un roman tous les ans au moment de la rentrée littéraire. « Tous les matins il faut que je vomisse » comprendre qu’elle est obligée de remplir des feuilles…

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu.

Son premier roman, le meilleur(à mon humble avis).