UNDSET, Sigrid/ Printemps

Stock (La Cosmopolite), 2002
trad. du norvégien
par Elsa Cornet
1ère éd. 1930

 Rose Wegner, l'héroïne de Printemps, a épousé Torkild sans l'aimer véritablement (en se disant que l’amour viendra forcément plus tard). Elle prendra la première l'initiative de rompre un mariage qui n'en est plus un.

Comme elle prendra ensuite celle de regagner son foyer, parce que sa vie, elle a décidé de la diriger elle-même, en affrontant les préjugés qui, naturellement, épargnent son époux. Dans ce roman situé au début du 20è s. le personnage de Rose indique les balbutiements de l’émancipation féminine et les questionnements qu’elle se pose par rapport à sa vie et ses choix sont savamment étudiés. Très bon roman. Sigrid Undset (1882-1949) a obtenu le Prix Nobel de littérature en 1928  

 

 

Jenny

Stock, 1998 (La Bibliothèque cosmopolite) traduit du norvégien par M. Metzger
1ère édition en Norvège en 1911

Quand Jenny, roman largement autobiographique, parut en Norvège en 1911, il souleva des controverses interminables et passionnées. Le problème de la liberté, des libertés de la femme, est posé ici avec une netteté, une franchise telles, certains détails y sont souvent si crus que, même en France, quand Jenny fut traduit en 1929, un "avertissement de l'éditeur" prévenait que cette lecture "n'était pas faite pour des jeunes gens en crise"                                                                   À travers l'histoire de Jenny, jeune artiste norvégienne venue à Rome pour y étudier, fiancée sans conviction à l'un de ses camarades, et qui brave tous les tabous, tous les interdits, pour connaître la passion auprès du père de son fiancé, Sigrid Undset posait la question de savoir si on doit appeler "immoralité" le mépris des conventions religieuses et sociales, et la soif d'absolu. Elle mettait impitoyablement au jour les entraves dressées devant une femme en lutte contre les préjugés qui l'accablent mais épargnent son partenaire. Ce livre admirable reste aujourd'hui un des plus grands romans féministes de notre époque - et puis, tout simplement, un grand roman d'amour.

 Sigrid Undset poursuit avec ce roman l’exploration des sentiments amicaux, amoureux ainsi que la grande question « la liberté de la femme et des femmes » qui jalonne ses écrits. Il m’a fallu un certain temps pour entrer totalement dans ce roman, (je ne m’avoue pas facilement vaincue, je laisse le temps à l’auteur de me surprendre et de me laisser entrer dans son histoire) car le début traîne un peu en longueur : description de la ville de Rome dans les moindres détails, jeunes gens à la recherche d’eux-mêmes, mais toutefois nonchalants. À mon avis, le roman prend toute sa force à partir de la deuxième partie quand Jenny rentre en Norvège sans Heggen, qui lui suggère de faire une visite de courtoisie à ses parents afin qu’elle fasse leur connaissance… Il fallait oser écrire ce roman « très féministe » pour l’époque, elle ose mettre les mots à bon escient pour parler de la sexualité, de la maternité…