CHABOUTE, Christophe/ Henri Désiré Landru

Vent d’Ouest, 2006

L'histoire vraie du premier tueur en série français.

En 1922, Henri Désiré Landru est reconnu coupable de l'assassinat de 10 femmes et d'un homme. De la fumée nauséabonde se dégageait de la cheminée de sa villa de Gambais... On y a récupéré une cuisinière dont les tuyaux avaient beaucoup servi... Malgré deux ans d'instruction acharnée, personne ne réussit à faire reconnaître ses crimes à Landru... Il n'avoua rien. Aucun cadavre ne fut retrouvé...

Christophe Chabouté revisite cette période obscure de l'Histoire qui a défrayé la chronique, et où s'enchevêtrent le fait divers macabre et les séquelles d'une guerre atroce.

 144 pages d'un suspense haletant... Le dessin au trait noir         appuyé contribue à donner un sens très sombre à cette histoire.

 

Construire un feu / d’après Jack London

Vent d’Ouest, 2007

Après avoir obtenu le prix RTL 2006, pour sa version très personnelle, de l’affaire « Henri Désiré Landru », Christophe Chabouté s’attaque cette fois à un classique de la littérature américaine, en adaptant la célèbre nouvelle de Jack London : « Construire un feu ».

Un homme en quête de fortune ou d’aventure, perdu en plein milieu du Grand Nord, tente de rejoindre ses compagnons… Dans ce désert de neige et de glace, rien d’autre que lui et un chien… Il lutte contre un froid effrayant de moins cinquante degrés. Confronté aux forces de la nature, sa vie ne dépend que de quelques allumettes avec lesquelles il pourrait se faire un feu… Christophe Chabouté nous livre ici, avec talent une adaptation libre d'une des plus terribles nouvelles de l’auteur de « Croc Blanc » et de « L’appel de la Forêt ». Une histoire à l’intrigue très dépouillée, mais dont le moindre geste, simple et banal prend une dimension inquiétante et fantastique. Un récit où chaque situation devient démesurément oppressante.

 « Construire un feu », nous présente un homme livré à lui-même, face à un univers hostile et luttant jusqu'au bout de ses limites physiques et mentales ! Ici le dessin n’est plus en noir et blanc mais dans les ocres et un blanc aveuglant et glacial !

 Lisez également la nouvelle de Jack London qui est très évocatrice du Grand Nord. Vous vous ferez vos propres images tirées de ce texte puissant en intensité dramatique. Voir la rubrique : "romans"

Tout seul

Vent d'Ouest, 2008

 C’est une histoire de solitude et d’imagination que nous conte ici Chabouté. Peu de dialogues, mais l’histoire se déroule lentement au fur et à mesure des cases et l'on prend un plaisir infini à laisser notre regard errer sur les dessins magnifiques en noir et blanc comme il se doit. Un bateau de pêche, deux hommes à bord, un phare et un mystérieux inconnu qui y est né et n’a jamais mis un pied à terre. Le patron pêcheur a promis au père – quand celui-ci ne serait plus - de livrer de la nourriture toutes les semaines contre une somme d’argent. Son second lui pose cette question « Et qu’est-ce qu’il fait de toutes ses journées ? » « Ben ça mon gars…C’est une question que je me suis jamais posée !... ». Cette histoire est bouleversante du fait de l’empathie du second (qui a son petit secret) envers cet homme qu’il n’a jamais vu. À l’insu de son patron il colle une enveloppe sur l’un des cartons dans laquelle se trouve une feuille où il a écrit « Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? » Vers la fin de l’histoire Chabouté nous fait frémir grâce au suspense qu’il entretient.368 pages d’un graphisme époustouflant de justesse : les sentiments des hommes se devinent par l’expression de leur visage.

Terre-Neuvas

Vent d’Ouest, 2009

Chaque année des milliers de pêcheurs de morues partaient en direction de Terre-Neuve, vers des mers froides et dangereuses.

Durant ces longues campagnes qui pouvaient durer six à neuf mois, la maladie, les blessures, les noyades, l'hygiène déplorable, la saleté repoussante, la violence et l'alcoolisme étaient le lot quotidien de ces pêcheurs que l'on surnommait aussi les forçats de la mer. Le 3 avril 1913, après avoir navigué pendant trente-sept jours, la goélette la Marie-Jeanne et ses vingt-huit hommes d'équipage arrivent enfin au large de Terre-Neuve. Mais la pêche est mauvaise, les poissons ne sont pas au rendez-vous. Les tensions montent. L'ambiance à bord s'échauffe. Quand un matin, on découvre le corps inerte du second dans sa couchette, un couteau planté dans le dos. Autour du manche, un petit ruban de soie.

Chabouté nous immerge avec brio dans les conditions de vie extrêmes de ces marins du début du XXe siècle et signe un thriller captivant et inquiétant.

Un peu de bois et d'acier

Vent d’Ouest, 2012

 

Il s’en passe des choses dans la vie d’un banc public ! Chabouté avec son talent incontestable, nous conte une histoire sans parole, juste ses dessins en noir et blanc -plans serrés ou grands angles - rythment la vie de gens ordinaires et des saisons qui passent. Cette histoire est tour à tour, tendre, mélancolique, triste ou joyeuse, facétieuse… Après cette lecture, quand vous vous assoirez sur un banc public, votre regard ne sera plus le même et peut-être que votre imagination sera titillée !

COMES, Didier/ Silence

Casterman, 1980

L'action se situe à Beausonge, un petit village des Ardennes. Opprimé par son maître, l'odieux Abel Mauvy, Silence le muet comme on le surnomme pense comme il parlerait et comme il écrit, avec des fautes d'orthographe. Silence n’a qu’un seul rêve… Voir la mer. Il ignore la haine et, malgré les mauvais traitements que lui inflige son maître, il garde l'esprit et le cœur purs. Mais le petit village de Beausonge, qui cache bien des secrets (qui seront découverts), deviendra pour Silence à la fois le lieu de son initiation et de sa perte. Mis au courant par celle qu'on appelle ''La Sorcière'' de sa véritable histoire, Silence l'innocent traversera les épreuves sans céder à la haine et sera finalement vengé sans se salir.

Grâce à une maîtrise parfaite du noir et blanc, on sent parfaitement l’atmosphère s’alourdir au fil du récit où s’invite la sorcellerie.

À lire aussi : Eva, La Belette chez Casterman

COSEY/ Souviens-toi, Jonathan…T.1

Ed. du Lombard, 1977

  Quelque part dans l'Himalaya, aux confins du Népal et du Tibet, Jonathan erre à la recherche de sa mémoire. Échappé d'un hôpital psychiatrique où il a passé trois mois, il ne lui reste aucun souvenir de son passé, si ce n'est cette certitude qu'il doit retourner au Tibet. Au fur et à mesure qu'il se rapproche de l'Himalaya, Jonathan acquiert la certitude que son destin est intimement lié à celui de ses habitants. Mais la route est encore longue et les souvenirs parfois douloureux... Ainsi commence la série Jonathan - sorte d’alter ego - créée par Cosey. Avant de paraître en album, l’histoire est parue dans le journal Tintin. Cette série nous parle du Tibet annexé par la Chine, de méditation, de réincarnation, de voyages, de combat mais aussi de sérénité…Si certains trouvent que les premiers tomes de la série ont un goût suranné, je trouve que cette série est assez singulière et qu’elle mérite d’avoir une bonne place dans toute bibliothèque de bédéphile qui se respecte ! Le dessin et les couleurs prennent du caractère au fil des tomes qui sont au nombre de 15, dont vous trouverez la liste ci-dessous :

T2 : Et la montagne chantera pour toi : 1977       

T3 : Pieds nus sous les rhododendrons : 1978   

T4 : Le Berceau de Bodhisattva : 1979                 

T5 : L’Espace bleu entre les nuages : 1980         

T6 : Douniacha, il y a longtemps : 1980                

T7 : Kate : 1981                                                          

T8 : Le Privilège du serpent : 1982

T9 : Neal et Sylvester : 1983

T10 : Oncle Howard est de retour : 1985

T11 : Greyshore Island : 1986

T12 : Celui qui mène les fleuves à la mer:1997

T13 : La Saveur du Songrong : 2001

T14 : Elle ou dix mille lucioles : 2008

T15 : Atsuko : 2011

Le plus de cette série : Cosey vous indique les musiques à écouter en lisant les albums!