PTILUC/ Pacush Blues : Premières mesures

Ed. Vent d’Ouest, 1984

 Les rats de Ptiluc vivant dans une décharge, vous montreront parfois avec dureté leur vision de la découverte du vaste monde mais vous sourirez en faisant parfois, je dis bien parfois, la grimace. Lisez, vous comprendrez pourquoi ! 

PRADO, Miguelanxo/ Trait de craie

Casterman, 1994
( A suivre)
trad. de l'espagnol
par Franck Reichert

Mon regard a tout de suite été attiré par le dessin. C’est assez grandiose, les couleurs de la mer, du ciel, le contraste des lumières : des verts, des bleus tendres et dorés du jour aux couleurs qui s’obscurcissent  - violine, bleu foncé, pour terminer dans les couleurs ocre - à la tombée de la nuit sur cet îlot flanqué de sa digue, véritable trait de craie perdu au milieu de l’océan. L’histoire est plus complexe, à la limite du fantastique. Raul aborde sur cet îlot qui possède un phare mais ne donne plus d’éclats de lumière. Seuls Sara et son fils Dimas vivent sur cet îlot (pourquoi sont-ils les seuls habitants de cet îlot ? On ne le saura pas). Quand Raul accoste il n’y a que deux bateaux et Sara maintient que lorsque trois bateaux sont à quai, le malheur va arriver. Et effectivement, il se passe des choses terribles. C’est un récit qui traverse l’espace et le temps, et semble faire une boucle pour revenir au début de l’histoire, l’énigme se trouve être dans la phrase de Borgès sur la page de gauche avant le chapitre I, à vous de voir…

RABATÉ, Pascal/ La Déconfiture, Partie 1

Futuropolis, 2016

 Juin 1940. Videgrain, soldat du 11e régiment, est sur les routes… Les Allemands ont enfoncé tous les fronts, c’est la débâcle. Les Stukas viennent faire des incursions meurtrières sur les colonnes de réfugiés qui fuient l’avancée allemande. Et voilà Videgrain chargé de veiller sur ses camarades morts lors du dernier passage des avions et sur le trou fait par un obus en plein milieu de la chaussée. Une fois l’ambulance et les dernières troupes passées, Videgrain veut rejoindre son régiment. Mais le réservoir de sa bécane, percé par une balle ennemie, est vide. Commence alors pour Videgrain un voyage en terre inconnue, où tous les repères habituels ont explosé en même temps que la défaite éclair de l’armée française.                                Rabaté nous raconte ici, la Débacle du côté des militaires. Nous suivons l’armée française en déroute qui essuie les attaques des avions, décimant les troupes, les réflexions hostiles de la population civile, croisée durant l’Exode « Ah, elle est belle l’armée française » ; « Jean-Foutre ! En 14 on se battait nous ! » C’est une désorganisation complète, les soldats cherchent leur unité perdue et font un bout de route avec des soldats d’autres unités. Le dessin en noir et blanc accentue bien évidemment le côté dramatique et restitue les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. On attend la seconde partie avec impatience !

RIFF REB’S / Le loup des mers

Ed. Soleil, 2012 (Noctambule)
librement adapté du roman de Jack London

 Traversant la Baie de San Francisco à bord d’un ferry-boat, Humphrey Van Weyden, journaliste de profession et jeune homme distingué ne se doute pas un instant que sa vie va radicalement changer au cours de la nuit. En effet, un épais brouillard couvre sur la Baie. Il ne fallut pas moins de dix minutes pour que le ferry-boat percuté par un cargo ne sombre… Humphrey se réveille à bord de la goélette phoquière Le Fantôme commandée par le terrible Loup Larsen, une espèce de titan violent et despotique, mais érudit qui sème la terreur parmi son équipage. Humphrey est enrôlé de force et mène la vie dure des marins, affecté dans un premier temps à la pluche des patates ! Les deux hommes pratiquent des joutes philosophiques à propos de l’immortalité de l’âme. Tout change à l’arrivée d’une demoiselle qui a été sauvée par un des canots du Fantôme après une violente tempête et s’engage alors entre eux une rivalité certaine…

J’adore le roman maritime et celui-ci m’a enchanté, tout y est : l’aventure avec un grand A, les éléments et la couleur, les personnages…Loup Larsen est particulièrement réussi car terrifiant. Les couleurs en bichromie renforcent le propos. Pour tous les amoureux de la mer.

 

ROCHETTE, Jean-Marc, LOB, Jacques/ Le Transperceneige

Casterman, 1984

 Le Transperceneige. Un univers blanc, glacé, mortel. Ce qui reste d’humanité enfermé dans un train qui roule éternellement. Le destin de Proloff venu de la queue du convoi et, qui en remontant vers la loco découvre les arcanes du train… L’absurdité de la destinée humaine livrée à la vanité du pouvoir. L’histoire conçue par Jacques Lob reste un modèle du genre, un récit où se mêlent drame, conflits politiques, amour, désespoir et poésie renforcé par le dessin en noir et blanc de Rochette. Une bande dessinée majeure à mon sens.

ROCHETTE, Jean-Marc, LEGRAND, Benjamin/ Le Transperceneige : T.2 L’Arpenteur

Casterman, 1999

Il existe un second train, lancé sur la planète gelée... Ses habitants vivent dans la terreur du choc frontal avec le premier Transperceneige qui erre au hasard, sur les mêmes rails, sans que l'on sache ce qu'il est advenu de ses éventuels survivants... Un monde clos d'où les humains s'évadent grâce à un virtuel de pacotille. Un espace confiné d'où seuls peuvent sortir les Arpenteurs, au péril de leur vie. Un univers rigidifié par un froid mortel où le mensonge règne en maître.

ROCHETTE, Jean-Marc, LEGRAND, Benjamin/ Le Transperceneige : T.3 La Traversée

Casterman, 2000

 Le second train roule toujours sur la terre glacée. Un dramatique sabotage le coupe en deux. Un message, un signal indéchiffrable, semble provenir de l’autre côté de l’océan. Ce qu’il reste du Transperceneige va devoir quitter son circuit éternel pour entamer un long voyage sur la surface de la mer gelée. A l’intérieur du train, rien ne va plus. La mort et la panique rôdent dans les couloirs. Mais qu’y a-t-il au bout de cette traversée ?

ROCHETTE, Jean-Marc, BOCQUET, Olivier/ Le Transperceneige : Terminus

Casterman, 2015

   Après 15 ans sans savoir ce qu’il advenait de nos protagonistes, Bocquet et Jean-Marc Rochette reviennent aux affaires pour clôturer leur saga et nous livrer Terminus, dernier chapitre qui clôt le Transperceneige. Les survivants quittent donc le train pour découvrir qu’ils ne sont en fait pas seuls sur cette Terre désolée, et que d’autres ont survécu dans un Eden souterrain. Néanmoins, ce "paradis" est loin d’être aussi idéal qu’il y paraît, et les héros devront faire face à une menace bien réelle, et un choix cornélien qui définira le reste de leur existence. Projet commencé dès le milieu des années 1970, Le Transperceneige est de ces œuvres qui ont connu une histoire des plus chaotiques. Il aura en effet fallu attendre près de 32 ans pour connaître la fin des aventures de Proloff et de ses congénères au sein du Transperceneige. Bande dessinée mythique abordant des thématiques fortes. Le Transperceneige est un récit qui « tient les rails » (à défaut de route). Dans ce 4ème et dernier volet, il est question non seulement de manipulation sur des êtres humains, mais aussi sont abordés le thème du nucléaire et ses conséquences, la génétique. Une adaptation cinématographique Snowpiercer a été réalisée par le plus célèbre des cinéastes coréens, Bong Joon-ho.

« Parcourant la blanche immensité d'un hiver éternel et glacé d'un bout à l'autre de la planète roule un train qui jamais ne s'arrête. C'est le Transperceneige aux mille et un wagons. »

L’intégrale rassemble les trois tomes originaux du Transperceneige à savoir : Le Transperceneige (1984, réédition sous le titre L'Echappée en 1999), L'Arpenteur (1999), et La Traversée (2000).