Je vous écris des bords de mer…

Ed. de la Martinière, 2011

Avec ce livre nous faisons un tour du monde avec des écrivains que la mer a inspiré : récit de voyage, journal, roman, la mer est très présente au fil des pages de ce bel ouvrage illustré de photos contemporaines et anciennes. P. 130, Guy de Maupassant nous relate sa vision de Gênes « Au fond du golfe, la ville se soulève comme si elle sortait des flots, au pied de la montagne […] » P. 178, c’est Arthur Rimbaud qui nous décrit Aden « […]  Mais ici, les parois du cratère empêchent l’air d’entrer, et nous rôtissons au fond de ce trou comme dans un four à chaux.[…] » P. 237, Stefan Zweig se trouve à Panama pendant la dernière phase des travaux du canal « Encore quelques mois pour les derniers travaux aux écluses, puis une pression du doigt sur l’interrupteur, et les deux mers, après des millénaires, allaient pour toujours mêler leurs eaux […] » Retrouvez également : Graham Greene, Victor Hugo, Jack Kerouac, Victor Segalen…

« Ma chère Maman… » De Baudelaire à Saint-Exupéry, des lettres d’écrivains

Gallimard, 2002 (Folio)

Souvenirs, tendresse, promenades, contes de fées, l'heure du coucher... Baudelaire, Saint-Exupéry, Cocteau, Proust ou Hemingway, tous ont partagé ces moments privilégiés de l'enfance avec leur maman. Plus tard, les difficultés sont apparues, les désaccords ont parfois séparé les fils de leur mère, mais le sentiment irremplaçable d'un amour sans limites n'a jamais disparu.Ces lettres témoignent de ces histoires passionnées, des disputes et des réconciliations, des chagrins et des joies de quelques-uns des plus grands écrivains avec la femme qui leur a donné la vie.

Ces lettres ont un côté suranné assez touchant. On s’aperçoit que mère et fils forment un couple unique au monde ! Ma lettre préférée est celle d’Hemingway, il a un rapport d’adulte avec sa mère, bien que la première lettre qui figure dans ce recueil date de 1918, il a 19 ans. J’ai aimé aussi celle de Baudelaire : les échanges épistolaires avec sa mère sur son œuvre littéraire mais aussi l’aveu de son désespoir […] « Toutes les fois que je prends la plume pour t’exposer ma situation, j’ai peur ; j’ai peur de te tuer, de détruire ton faible corps. Et moi, je suis sans cesse, sans que tu t’en doutes, au bord du suicide » […]. Un peu dommage tout de même que les lettres soient sorties de leur contexte. Par exemple, Charles Baudelaire parle de la dation du conseil judiciaire, en 1844, à son encontre (il a 23 ans), nous n’avons pas de plus amples explications ; après recherches les voici : Baudelaire touche l’héritage de son père. Sa mère et son beau-père M. Aupick font voter un conseil judiciaire qui réduit Baudelaire à toucher une rente mensuelle afin qu’il ne dilapide pas sa fortune. Il est beaucoup question dans les lettres d’écrivains de maladie, de fatigue et d’argent…le nerf de la guerre.

PENNAC, Daniel/ Comme un roman

Gallimard, 1992

LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR:                                

1- Le droit de ne pas lire.

2- Le droit de sauter des pages.                                            

3- Le droit de ne pas finir un livre.

4- Le droit de relire.

5- Le droit de lire n’importe quoi.

6- Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).

7- Le droit de lire n’importe où.

8- Le droit de grappiller.

9- Le droit de lire à haute voix.

10- Le droit de nous taire.

Pour résumer ce livre juste une phrase de Daniel Pennac "En sorte que nos raisons de lire sont aussi étranges que nos raisons de vivre. Et nul n'est mandaté pour nous réclamer des comptes sur cette intimité là." Je pense qu’il a bien raison !