DACHEZ, Julie, Mademoiselle Caroline, illustrations/ La Différence invisible

Delcourt, 2016

      Marguerite a 27 ans et à première vue, rien de la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise, vit en couple…Pourtant, elle est différente et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Lassée de se sentir en permanence décalée, elle décide un jour de partir à la rencontre d’elle-même ; sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

Julie Dachez souffrant du syndrome d’Asperger a écrit le scénario de sa propre histoire et Mademoiselle Caroline l’a mise en images. Cette histoire est construite en deux parties. La première s’attache à nous raconter le mal-être de Marguerite, sa difficulté dans sa vie de tous les jours car ignorant sa maladie. La deuxième partie est consacrée à sa « renaissance » car enfin, elle peut mettre un nom sur sa « différence ». Elle est atteinte du syndrome d’Asperger, moins courante chez les femmes, donc moins visible. Elle va pouvoir mieux gérer ses peurs pour appréhender le monde, grâce à un groupe de paroles et d’entraide. Elle va apprendre à ne pas se forcer pour être comme tout le monde mais suivre son propre chemin ! Excellente bande dessinée sur un sujet délicat qui nous ouvre une porte pour plus de tolérance dans ce bas monde.  

Davodeau, Etienne/Anticyclone Un monde si tranquille

Delcourt, 2000

Surnommée Grande gueule par ses collègues, Nina est technicienne de surface dans l’entreprise de transports routiers Doublet. Lui, Castor, est chauffeur dans la même entreprise et pour avoir un CDD (il est en réinsertion) est prêt à trahir ses pairs et briser la grève qui sourde au sein de l’entreprise. Il y a également, Faure, le directeur des ressources humaines – pas un métier facile - qui trouve que « Chef du personnel » était une appellation plus claire. Qu’est-on prêt à faire pour garder son job, là est toute la question que pose Davodeau. Une histoire qui tient la route (sans jeu de mots !) où les protagonistes se débattent dans une réalité sociale très dure. Mais il y a aussi de  la tendresse (Nina et sa fille, son père) et l’entraide finalement entre Nina et Castor à fort coups de suspense et de rebondissements. 

Lulu femme nue T.1, T.2

Futuropolis, 2009-2010

 

Lulu, la quarantaine, n’a plus le moral. Voilà déjà plus d’une décennie qu’elle ne travaille plus à l’extérieur, elle se consacre à sa famille et sa maison. Elle tente un retour sur le marché du travail. À la suite d’un énième entretien – qui s’est mal passé – elle rate son train du retour. Elle ne rentrera pas, pas tout de suite, elle a besoin de faire le point. Ce « point » va durer quelques semaines. Dans son road-movie, elle va rencontrer des gens, échanger, elle semble exister de nouveau. Le fait d’être seule, de n’avoir aucune contrainte, le temps est pour elle, c’est nouveau et cela l’enchante. Davodeau nous conte l’histoire d’une femme qui n’a rien d’exceptionnel, presque banale même et c’est ce qui la rend émouvante et attachante. On retrouve le côté « chronique sociale » d’Anticyclone. En 2014,Solveig Anspach en a fait l’adaptation cinématographique avec Karin Viard très convaincante dans le rôle de Lulu.

 

DELITTE, Jean-Yves/ Neptune : version intégrale des 4 volumes

Glénat, 2008

Avril 1883. Sur les rives du Potomac. Dans le secret de son atelier, l’ingénieur William Lake met au point un submersible révolutionnaire, le Neptune. Seul problème : le compte en banque de Lake, dont le déficit atteint des profondeurs tout aussi abyssales que celles de son sous-marin. Ce qui l’oblige à vendre son prototype à un aventurier fortuné qui va l’emmener, lui et son équipage, vers le premier voyage d’essai de cet engin aux formidables performances. Un voyage qui va très vite le conduire vers d’étranges et surprenantes aventures, où manipulations financières et politiques vont côtoyer d’étonnants secrets millénaires enfouis au fond des eaux…